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Dur et Doux

Rien Faire

by Rien faire

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    Tracklist
    SIDE A
    Le ciel est mou
    Etre vieux
    L'oiseau poupe
    Sombre jambe

    SIDE B
    Festivillage
    La viande de ta famille
    Morceau de choix
    Tous les jours

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1.
Ah ! Je vais mal. Je regarde par la fenêtre. Un merle fouille parmi les herbes. Dans la rue un homme parle fort. Une boule au ventre, très lourde et blanche. Une boule au ventre, très lourde et blanche. Ah ! Je vais mal. Je sors marcher et vais m'asseoir dans le parc le plus laid de toute la ville sur un banc, à côté des poubelles. Les voitures passent si près. Et les chiens se battent. Quel réconfort. Et les chiens se battent. Quel réconfort. Le ciel est haut et il est mou. On dirait du polystyrène très mal scotché sur un tissu très mal tendu sur un plafond un peu trop haut. Mais c'est beau quand même.
2.
Festivillage 03:45
Iras-tu au Festivillage ? Je ne sais pas si j'irai C'est loin tu sais Et le chemin réserve parfois de drôles de surprises. Les ponts ont-ils été reconstruits Depuis cette très fameuse nuit ? Les routes étaient inondées La dernière fois que j'ai tenté l'odieux voyage adoré. Là-bas, feras-tu les attractions Qui le rendent célèbre dans la région ? La fête au poivre et Le grand jeu des saisons, finiras-tu la portion De l'étrange ragoût qu'on y sert ? S'agira-t-il de t'éviter soigneusement ? Ou au contraire de te croiser sans faire exprès ? Rester cacher, oui mais tout près Et je serai content d'être triste. Iras-tu au Dancing Moderne ? Ça fait une paye on dirait. Je n'y vais plus mais Je suis sûr qu'on y trouve encore de drôles de surprises. Te souviens-tu de ces vieux amants ? Ils avaient peut-être soixante dix ans. De tous les danceurs Ils dansaient le plus mal et aussi s'amusaient le mieux. Certaines choses se collent à mon cerveau Et n'en décolleront jamais. Pour quelle raison ? J'oublie parfois l'essentiel et me rappelle d'un chiffon. J'invente très bien les souvenirs. Je me souviens d'une expression et d'un repas D'un goût bizarre, d'une discussion dans un endroit. Je veux y aller et je n'veux pas et si j'y vais S'agira-t-il de t'éviter soigneusement ? Ou au contraire de te croiser sans faire exprès ? Rester cacher, oui mais tout près Et je serai content d'être triste.
3.
On entend au pas si loin Les moteurs et la poussière Les arbres comme un paravent Cachent les machines juste derrière Toi dans ton costume trop lourd Tu transpires déjà très fort Creuser va te rendre sourd. Racles quand même jusqu'à la mort. Tu fabriques ta Racleroute Comme on commence un dessin Qu'on n'pourra jamais terminer Passe au milieu de la forêt Coupe les buissons et les bosquets Il te faudra des dents de fer Et les griffes poussées hier Sont elles assez dures ? Racle la terre et les cailloux Avec les ongles de tes doigts mous Racle si bien que tu pourras Finalement sortir de ce bois Mais ça c'est pas sûr. Et tant pis si tes griffes se brisent Et restent plantées dans la terre. Oui, la Racleroute sera Une route très irrégulière. Ce n'est pas une belle construction Ni cathédrale ni pyramide C'est comme le dos d'un dragon Capable du pire et de l'humide. Tu fabriques ta Racleroute Comme on commence un dessin Qu'on n'pourra jamais terminer. Qui sait si ta Racleroute Croisera dans quelques temps Une créature nouvelle et adorée ? Passe au milieu de la forêt Coupe les buissons et les bosquets Il te faudra des dents de fer Et les griffes poussées hier Sont elles assez dures ? Racle la terre et les cailloux Avec les ongles de tes doigts mous Racle si bien que tu pourras Finalement sortir de ce bois Mais ça c'est pas sûr.
4.
Etre vieux 04:05
Être vieux avec une barbe et un manteau très râpé comme un chien allongé sur lui même dans ses propres bras Être vieille sous le ciel en avril quand la terre est molle et que le monde continue à renaître comme un arbre Parchemin en visage vieux et doux patiné les yeux clairs et chassieux encombrés de tout le reste tout l'avant le fini le plus jamais pour toujours Sous le poids de ce corps si léger si chargé tellement marqué par les gestes répétés ou jamais faits finir par terre sans demain pour toujours Comme les autres Comment sait-on que c'est la dernière fois ? On sait rarement que c'est la dernière fois. Comment sait-on que c'est la dernière fois ? On sait rarement que c'est la dernière fois.
5.
L'oiseau Poupe se rit de nous. Parce qu'on sait tout et qu'on a plusieurs mots. Pour parler de tout. Lui n'en a qu'un seul. Il l'utilise dans le noir pour ne dire qu'une seule chose tout au long de sa vie. Alors quand vient la nuit, il prend son temps, il réfléchit. Il dit son mot, et recommence. L'oiseau Poupe se rit de nous. Avec son mot il dit tout. L'oiseau Poupe se rit de nous. Avec son mot il dit tout.
6.
Quand ta graille est si polie qu'elle s'agenouille avant l'hallali C'est de la viande pas de doute, elle passera coûte que coûte Même si c'est un peu dégueu Tu ne fermeras pas les yeux C'est gluant et ça sent fort Tu as honte et pourtant tu mords À pleines dents dans la gentille Dans la viande de ta famille C'est la viande de ta famille C'est la viande de ta famille Quand ta graille et si polie Qu'elle s'agenouille avant l'hallali Oncles et tantes sur un bateau Flottant au beau milieu de l'eau « C'est une chance qu'il fasse si beau Il reste des œufs au sirop » Et quand il n'y aura plus rien Dans le bocal des anciens Rira bien qui rira bien Qui rira jusqu'à plus faim Elle est tiède quand elle est fraîche Il faut bien l'accomoder Bien faisandée en grenier Viande en sauce ou bien viande sèche Tu n'as pas peur en plein jour Même tout nu, tu n'as pas froid Mais quand la nuit tombe sur toi Tu dois avouer ton amour À la viande de ta famille C'est la viande de ta famille C'est la viande de ta famille
7.
Sombre Jambe avait un travail extrêmement compliqué. Il n'était pas dans ses habitudes d'en parler. En fait, en parler lui aurait demandé beaucoup trop d'énergie. Jambre Gilles, quant à lui, avait une montagne de problèmes insurmontables. Et la plupart du temps, il faisait comme si de rien n'était. Deux amis que rien ne rapprochait. À part peut-être Deux amis. Deux amis. Le soir tous deux se retrouvaient pour se taire. Ils se taisaient si bien, se taisaient si bien. Le soir tous deux se retrouvaient pour se taire. Ils se taisaient si bien que leur conversation ressemblait à Ils restaient donc assis tous deux de face ou de profil, assis, couchés ou debout, dans une pièce qu'ils avaient choisi au préalable (disons, un salon, une chambre, une salle à manger, peu importe d'ailleurs) en silence, pendant assez longtemps. Et parfois, le silence entre eux se matérialisait concrètement et prenait la forme d'un animal costumé. Par exemple, un chien habillé en archevêque. Ou alors un ragondin avec une tenue de footballeur. Ou un faucon avec un slip. Enfin ils se quittaient, rassurés, confortés, bien endoloris par l'immobilité. Enfin ils se quittaient, rassurés, confortés et parfois même séduits par une nouvelle idée. - Sombre, j'ai... (une idée) - Je sais - Ah ? - Alors ? - Oui.
8.
J'écarte le lourd rideau rouge qui m'isole de ces contrées où le sol toujours bouge, où les plaines sont des tunnels, l'horizon n'est plus qu'un cercle. J'avance et les sucs me retiennent et digèrent tous mes habits. Quelques gouttes sur ma peau ; la douleur est un costume qu'il me faudra endosser. Soudain l'étau mou se resserre. Je suis presque au bout. Quelques volées de marche, le sol est glissant. Le combat a déjà eu lieu, le monstre est mort. Ne perdons pas de temps. Je cueille la fleur, je remonte et Je te donne ma fleur intestinale, c'est la chose la plus précieuse que je possède. C'est la fleur venue de mes entrailles et voilà, je la dépose entre tes mains. La plante a beaucoup poussé, les tiges me grattaient le palais. Il était temps que je m'en sépare. Je te donne ma fleur intestinale. Je te donne ma fleur intestinale. Je te donne ma fleur intestinale. Je te donne ma fleur intestinale.
9.
Attends la tombée du jour pour sortir de ta pauvre maison Vois ce que l'obscurité recouvre n'oublie pas ton petit carillon Chasse de ton esprit toutes les idées et rends le noir comme un pendrillon Bois du liquide une dernière gorgée ne réfléchis pas à la potion Car devant le Roi que tu crois imberbe Tu déposeras un bouquet, une gerbe et un morceau de choix devant lui dans l'herbe Sois celui qui sait où il doit aller et va tout droit si tu n'en sais rien Crois le premier panneau que tu vois chez ton boucher tu vas et c'est bien Choisis ton morceau avec les doigts prends le plus beau car tu vas l'offrir À présent va à l'orée de la forêt qui doit t'engloutir Va, prends les sentiers secrets les badauds ne font pas attention Sois fébrile bien que plutôt discret la clairière est ta destination Car devant le Roi que tu crois imberbe Tu déposeras un bouquet, une gerbe et un morceau de choix allongé dans l'herbe
10.
Et c'est en fabriquant la terre Tous les jours depuis hier La mienne je crois N'est pas très ronde mais ça ira On empile des petits cailloux Et on bâtit des temples mous On traîne nos sacs dans la poussière Tous les jours depuis hier Après y a tout qui s'casse la gueule Une averse de rien du tout Ça y est on est tout seul Et on repart sur les genoux On se relève tant bien que mal Certains préfèrent quitter le bal Il n'y a jamais rien d'autre à faire Tous les jours depuis hier Et c'est en fabriquant la terre Tous les jours depuis hier La mienne je crois N'est pas très ronde mais ça ira Alors c'est oui et c'est tanpis Si on a peur si on a mal Et si on doit changer d'cheval Parce qu'il n'aime plus la bruyère On empile des petits cailloux Et on bâtit des temples mous Il n'y jamais rien d'autre à faire Tous les jours depuis hier Tous les jours depuis hier Tous les jours depuis hier Tous les jours depuis hier

about

À l’écoute de ce premier album, on ne peut s’empêcher d’imaginer que le trio puise sa puissance libératrice de la destruction des cadres et la mise à mal des anciens dogmes productivistes. On est bien face à un objet singulier, hérétique et un brin dada : une expérience magnifique faite de dix chansons à tiroirs magiques.
Entre deux siestes au soleil ou à l’ombre, Rien Faire n’a pas son pareil… et l’habileté pour composer des chansons pop qui n’existaient pas avant, des comptines surréalistes (en Français) avec du vrai bruit dedans et beaucoup de poésie.
Un disque qui tranche grâce à des partis-pris radicaux faisant la part belle aux contrastes. Quand ces mélodies oisives et sophistiquées portées par trois voix ingénues se voient soudain perturbées par un vacarme infernal d’où finit par émerger la sonorité d’un synthé pour enfant… jusqu’au final si poignant qu’on verse une larme pour de vrai.

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Listening to this first album, one cannot help but imagine that the trio draws its liberating power from the destruction of frameworks and the undermining of old productivist dogmas. We are indeed faced with a singular, heretical object and a bit of a hobby: a magnificent experience made up of ten songs with magical drawers.
Between two naps in the sun or in the shade, Rien Faire has no equal... and the ability to compose pop songs that didn't exist before, surrealist nursery rhymes (in French) with real noise in them and a lot of poetry.
A record that stands out thanks to radical biases that give pride of place to contrasts. When these idle and sophisticated melodies carried by three ingenuous voices are suddenly disturbed by an infernal din from which emerges the sound of a child's synthesizer... until the final so poignant that one sheds a tear for real.

credits

released December 11, 2020

Enregistré au studio Supadope
Prise de son et mixage : Frank « Choko » Rivoire
Mastering : Jérôme Rio
Artwork et graphisme : shoboshob
Layout Judith Saurel
Écrit et composé par Lucas Hercberg

Claviers, cornet, voix : Marie Daviet
Basse, grosse guitare, voix : Lucas Hercberg
Batterie, carillon, voix : Corentin Quemener

Le groupe de musique remercie Laurent Fellot pour son accueil de prestige et Dur et Doux pour son style envié souvent, imité parfois, égalé jamais. Merci à Camille, Adrien, Alex, Judith et Clément.

Merci à la SCPP et l'ADAMI et la Région Auvergne-Rhône-Alpes pour leur soutien.

© & ℗ 2020 Dur et Doux

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all rights reserved

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about

Rien faire Lyon, France

Rester assis sur une chaise. Ne pas attendre, parce qu'attendre c'est déjà faire quelques chose. Ne pas réfléchir, parce que ça aussi c'est une activité.
Rien faire.
Un trio pour faire des chansons imprévisibles.
Parfois c'est le rock, parfois c'est la balade délicate ou la mélodie étrange faite pour inventer des danses.
Bizarreries et musique pop.
Ça ne ressemble à rien?
Tant mieux.
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